Faisant suite à une reconnaissance da la montagne Pomhkarazi de 3184m, située à l'extrème Nord de la Birmanie, une marche d'approche du camp de base du Kha Kha Borazi (5881m) a été tenté en cette fin d'année 2005. Pendant 6 semaines, trois hommes et une femme ont traversé les forêts subtropicales puis tempérées humides et enfin d'altitude, accompagné par une logistique de 37 porteurs, guides et cook. La végétation exubérante, située dans une zone inférieure à 1000m d'altitude, cachait de multiples embuches. Sangsues, sentiers non stabilisés, ponts suspendus aléatoires, étaient notre quotidien. Cependant la gentillesse et la relative compétence montagnarde des birmans ont toutefois, permis d'observer des végétaux peu courants dans nos collections. Les Lithocarpus edulis, tribuloides et indica installés à Putao, dernière petite ville, ont été remarqué par l'ensemble du groupe. Puis, rapidement, en bordure de torrent, après quelques jours de marche de 8 à 10 heures, nous relevons la présence des Dichroa febrifuga, Cymblogon, Debregiana, Luculia gratissima, Musa ornata, Dendrocalamus strictus.
L'hébergement du soir dans des maisons sur pilotis, nous permettait de récupérer physiquement des longues heures de marche à suivre les sentiers recouverts de végétation en cette fin de mousson. Riz, poissons, gibiers, Canna edulis, constituaient notre menu quotidien. La rencontre avec la minorité en voie de disparition, les Rawangs, petits hommes de 1.10 mètres de haut, était un de nos objectifs. Ces derniers, un homme et quatre femmes étaient encore présents dans l'avant dernier village d'altitude à 1600m. Le dernier village à 1750m, peuplé par des tibétains, transfuges des années 1954, recelait de véritables trésors botaniques. Quercus lamellosa et lanata, Cornus oblonga, Coriaria sp, Musa, Betula alnoides, Juglans regia var. kumanoica, Acer sikkimensis, Larix himalayacus, Salix, Populus pyriformis, Hydrangea stylosa.
Le retour sous le soleil fut le dernier pour un membre ayant succombé d'épuisement. Après 5 semaines de marche éreintantes et un dernier col à 2000m, nous reprenions contact avec la vie birmane de province. Les difficultés ont été réelles et elles expliquent le peu de visiteurs occidentaux dans ces régions excentrées de toute circulation humaine. Depuis un demi siècle, seules 4 expéditions ont été observées.
Jean Merret
Mars 2006
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